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Loi Carrez et Loi Boutin : Quelle différence et pourquoi sont-elles importantes ?

Loi Carrez et Loi Boutin

Vous préparez une vente ou une location immobilière et vous vous interrogez sur les obligations de mesurage ? La confusion entre la Loi Carrez et la Loi Boutin est fréquente, pourtant ces deux dispositifs répondent à des contextes juridiques bien distincts. L’une s’applique lors de la vente de biens en copropriété, l’autre concerne exclusivement la location à usage de résidence principale.

Comprendre les différences entre ces deux lois n’est pas qu’une simple formalité administrative : c’est une protection juridique essentielle pour vendeurs, bailleurs, acheteurs et locataires. Une erreur de mesurage supérieure à 5% peut entraîner des conséquences financières significatives, allant de la réduction du prix de vente à la diminution du loyer.

Dans cet article, EDL Diagnostic vous propose un guide complet pour comprendre ces deux dispositifs, leurs différences concrètes et les bonnes pratiques à adopter pour rester conforme à la réglementation. Que vous soyez propriétaire vendeur, bailleur ou simplement curieux de mieux comprendre ces obligations légales, vous trouverez ici toutes les réponses à vos questions.

1. Qu’est-ce que la loi Carrez ?

La Loi Carrez, instaurée le 18 décembre 1996, est un dispositif législatif qui impose la mention de la surface privative lors de la vente d’un bien immobilier en copropriété. Son objectif principal est de protéger l’acquéreur en lui garantissant une information précise sur la superficie réelle du lot qu’il achète.

Cette loi porte le nom de son initiateur, Gilles Carrez, député qui a souhaité mettre fin aux pratiques abusives consistant à surestimer la surface des biens immobiliers. Depuis son entrée en vigueur, elle s’applique obligatoirement à toutes les ventes immobilières en copropriété, que ce soit pour des appartements, des locaux commerciaux ou professionnels.

La non-mention de la surface loi Carrez dans un acte de vente peut entraîner la nullité de celui-ci. L’acheteur dispose d’un délai d’un mois à compter de la signature de l’acte authentique pour demander cette annulation.

1.2 Biens concernés

La Loi Carrez s’applique exclusivement aux biens suivants :

  • Appartements en copropriété dont la surface est supérieure ou égale à 8 m²
  • Locaux commerciaux ou professionnels situés dans un immeuble en copropriété
  • Maisons en copropriété (lotissements, copropriétés horizontales)
  • Dépendances faisant partie d’un lot de copropriété (caves, greniers, garages) si elles sont vendues avec le lot principal

En revanche, la loi Carrez ne s’applique pas aux :

  • Maisons individuelles non soumises au régime de la copropriété
  • Lots de copropriété dont la surface est inférieure à 8 m²
  • Terrains à bâtir
  • Baux commerciaux (qui obéissent à d’autres règles)

1.3 Méthode de calcul de la surface privative loi Carrez

Le calcul de la surface privative loi Carrez repose sur des critères précis définis par la législation :

Surfaces prises en compte :

  • Toutes les surfaces de plancher des locaux clos et couverts
  • Uniquement les espaces dont la hauteur sous plafond est au minimum de 1,80 mètre
  • Les combles aménagés (si hauteur ≥ 1,80 m)
  • Les vérandas closes et couvertes
  • Les greniers et sous-sols aménagés (sous conditions de hauteur)

Surfaces exclues du calcul :

  • Murs, cloisons, marches et cages d’escaliers
  • Gaines techniques
  • Embrasures de portes et de fenêtres
  • Balcons, terrasses, loggias
  • Caves et garages non aménagés
  • Emplacements de stationnement
  • Toutes surfaces dont la hauteur est inférieure à 1,80 m

Il est important de noter que le mesurage loi Carrez n’a pas de durée de validité limitée : il reste valable tant que des travaux n’ont pas modifié la surface privative du lot. En cas de rénovation ou d’aménagement, il est indispensable de faire réaliser un nouveau mesurage.

2. Qu’est-ce que la loi Boutin ?

La Loi Boutin, également appelée Loi de Mobilisation pour le Logement, a été promulguée le 25 mars 2009. Elle impose aux propriétaires bailleurs de mentionner la surface habitable du logement dans le contrat de location lorsqu’il s’agit d’une location vide destinée à être la résidence principale du locataire.

Cette loi porte le nom de Christine Boutin, alors ministre du Logement, qui a souhaité renforcer la transparence du marché locatif et protéger les locataires contre les surfaces surestimées. Contrairement à la loi Carrez qui concerne la vente, la loi Boutin s’applique exclusivement aux locations.

L’absence de mention de la surface habitable dans le bail n’entraîne pas la nullité du contrat, mais expose le bailleur à des sanctions financières. Le locataire peut notamment demander une diminution du loyer proportionnelle si l’écart constaté dépasse 5% de la surface annoncée.

2.2 Biens concernés

La Loi Boutin s’applique aux situations suivantes :

  • Locations vides (non meublées) destinées à être la résidence principale du locataire
  • Appartements loués à usage d’habitation principale
  • Maisons individuelles louées à usage d’habitation principale
  • Tout logement faisant l’objet d’un bail d’habitation régi par la loi du 6 juillet 1989

La loi Boutin ne s’applique pas aux :

  • Locations meublées (qui suivent d’autres règles)
  • Locations saisonnières ou de courte durée
  • Locations à usage professionnel ou commercial
  • Logements de fonction
  • Locations consenties aux travailleurs saisonniers
  • Résidences secondaires

Il est donc essentiel pour tout propriétaire bailleur de bien identifier la nature de son bien et l’usage prévu par le locataire avant de déterminer si le diagnostic loi Boutin est nécessaire.

2.3 Méthode de calcul de la surface habitable loi Boutin

La surface habitable loi Boutin est définie par l’article R.111-2 du Code de la construction et de l’habitation comme « la surface de plancher construite, après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches et cages d’escaliers, gaines, embrasures de portes et de fenêtres. »

Surfaces prises en compte :

  • Toutes les pièces à vivre : salon, chambres, cuisine, salle à manger
  • Surfaces dont la hauteur sous plafond est au minimum de 1,80 mètre
  • Couloirs intérieurs

Surfaces exclues du calcul :

  • Combles non aménagés
  • Caves, sous-sols, remises
  • Garages, emplacements de stationnement
  • Terrasses, balcons, loggias
  • Vérandas (sauf si elles constituent une pièce à vivre chauffée)
  • Locaux d’une hauteur inférieure à 1,80 m
  • Dépendances non chauffées

La différence majeure avec la loi Carrez réside dans le fait que la loi Boutin exclut davantage de surfaces, notamment les combles non aménagés, les caves et les vérandas non chauffées, qui peuvent être comptabilisés en loi Carrez sous certaines conditions.

Comme pour la loi Carrez, le mesurage loi Boutin reste valable tant que la configuration du logement n’a pas été modifiée par des travaux. Il est donc recommandé de faire réaliser un nouveau mesurage après toute rénovation significative impactant la surface habitable du bien locatif.

3. Tableau comparatif : Loi Carrez vs Loi Boutin

Pour mieux visualiser les différences entre ces deux dispositifs légaux, voici un tableau comparatif synthétique :

CritèreLoi CarrezLoi Boutin
Date d’entrée en vigueur18 décembre 199625 mars 2009
Contexte d’applicationVente immobilièreLocation vide à usage de résidence principale
Biens concernésCopropriétés (appartements, maisons en copropriété, locaux commerciaux)Logements vides loués comme résidence principale
Surface minimale≥ 8 m²Aucun minimum
Hauteur sous plafond≥ 1,80 m≥ 1,80 m
Type de surfaceSurface privativeSurface habitable
Combles aménagés✓ Inclus (si hauteur ≥ 1,80 m)✓ Inclus (si aménagés et hauteur ≥ 1,80 m)
Combles non aménagés✓ Inclus (si hauteur ≥ 1,80 m)✗ Exclus
Caves et sous-sols✓ Inclus (si aménagés et hauteur ≥ 1,80 m)✗ Exclus
Vérandas✓ Incluses (si closes et couvertes)✗ Exclues (sauf si chauffées et constituant pièce à vivre)
Garages✗ Exclus (sauf si aménagés)✗ Exclus
Balcons, terrasses✗ Exclus✗ Exclus
Document requisAttestation de mesurage (avant-contrat et acte de vente)Mention dans le contrat de location
Durée de validitéIllimitée (sauf modification du bien)Illimitée (sauf modification du bien)
Sanction en cas d’erreur > 5%Réduction du prix de vente (1 an pour agir)Diminution du loyer (action possible pendant toute la durée du bail)
Sanction en cas d’absenceNullité de l’acte de vente (1 mois pour agir)Pas de nullité du bail, mais risque de diminution du loyer

Ce tableau met en évidence que, bien que ces deux lois partagent certains points communs (hauteur sous plafond de 1,80 m, sanction en cas d’erreur supérieure à 5%), elles diffèrent significativement dans leur champ d’application et les surfaces comptabilisées.

4. Pourquoi ces différences sont-elles importantes ?

4.1 Pour le vendeur : protéger la transaction et éviter les litiges

Pour un propriétaire vendeur, la connaissance précise de la surface loi Carrez est cruciale pour plusieurs raisons :

Impact sur le prix de vente : La surface annoncée influence directement le prix au mètre carré et donc la valorisation globale du bien. Une erreur de mesurage peut conduire à une surestimation ou sous-estimation du bien.

Responsabilité juridique : Si la surface réelle s’avère inférieure de plus de 5% à celle mentionnée dans l’acte de vente, l’acheteur dispose d’un an à compter de la signature de l’acte authentique pour demander une réduction proportionnelle du prix. Cette réduction est calculée selon la formule :

Réduction = (Prix de vente × Surface manquante) / Surface annoncée

Exemple concret : Un appartement vendu 250 000 € avec une surface annoncée de 65 m² loi Carrez. Un nouveau mesurage révèle une surface réelle de 61 m², soit un écart de 4 m² (6,15%). L’acheteur peut demander une réduction de : (250 000 × 4) / 65 = 15 384 €.

Pour éviter ces désagréments et sécuriser la transaction, il est vivement recommandé de faire appel à un diagnostiqueur immobilier certifié pour réaliser le mesurage. Chez EDL Diagnostic, nos experts disposent de l’équipement professionnel et de l’expertise nécessaire pour garantir un mesurage précis et conforme.

4.2 Pour le bailleur et le locataire : transparence et équité dans le bail

Pour un propriétaire bailleur, la mention de la surface habitable loi Boutin dans le contrat de location n’est pas une simple formalité :

Obligation légale : Depuis 2009, tout contrat de location vide doit obligatoirement mentionner la surface habitable du logement. L’absence de cette mention n’entraîne pas la nullité du bail, mais expose le bailleur à des risques.

Risque de diminution du loyer : Si la surface réelle s’avère inférieure de plus de 5% à celle mentionnée dans le bail, le locataire peut exiger une diminution du loyer proportionnelle à l’écart constaté, et ce à tout moment pendant la durée du bail.

Exemple concret : Un appartement loué 800 €/mois avec une surface annoncée de 45 m² loi Boutin. Le locataire fait réaliser un mesurage qui révèle une surface de 42 m², soit un écart de 3 m² (6,67%). Le locataire peut demander une diminution du loyer de : (800 × 3) / 45 = 53 €, soit un nouveau loyer de 747 €/mois.

Pour le locataire, la surface habitable est un critère essentiel dans le choix d’un logement :

  • Elle permet de comparer objectivement les biens proposés
  • Elle influence le montant des charges (notamment le chauffage)
  • Elle détermine le rapport qualité-prix du logement
  • Elle garantit une transparence dans la relation locative

4.3 Exemples chiffrés pour illustrer les différences

Pour mieux comprendre l’impact concret de ces deux mesures, prenons l’exemple d’un même bien évalué selon les deux lois :

Cas pratique : Appartement de 70 m² avec combles aménagés et cave

  • Surfaces principales : 55 m² (salon, chambres, cuisine, salle de bain, couloirs)
  • Combles aménagés : 12 m² (hauteur sous plafond 1,90 m)
  • Cave aménagée : 8 m² (hauteur sous plafond 2 m)
  • Balcon : 6 m² (non clos)
ÉlémentLoi CarrezLoi Boutin
Surfaces principales✓ 55 m²✓ 55 m²
Combles aménagés✓ 12 m²✓ 12 m²
Cave aménagée✓ 8 m²✗ 0 m²
Balcon✗ 0 m²✗ 0 m²
Surface totale75 m²67 m²

Cet exemple montre qu’un même bien peut afficher une surface loi Carrez de 75 m² pour une vente, mais seulement 67 m² de surface habitable loi Boutin pour une location. L’écart de 8 m² (soit 10,7%) s’explique par l’exclusion de la cave aménagée dans le calcul loi Boutin.

Conséquence pratique : Un propriétaire qui vendrait ce bien en annonçant 75 m² puis le mettrait en location devrait obligatoirement mentionner 67 m² dans le bail, et non 75 m². Confondre les deux mesures pourrait entraîner des litiges avec le locataire.

5. Bonnes pratiques pour rester conforme

5.1 Quand faire appel à un diagnostiqueur certifié ?

Bien que la loi n’impose pas systématiquement de recourir à un professionnel pour réaliser les mesurages loi Carrez ou loi Boutin, il est fortement recommandé de faire appel à un diagnostiqueur immobilier certifié dans les situations suivantes :

Pour toute vente immobilière en copropriété :

  • Garantir un mesurage conforme aux règles techniques
  • Bénéficier de l’assurance responsabilité civile professionnelle du diagnostiqueur
  • Éviter tout litige ultérieur avec l’acquéreur
  • Disposer d’un document opposable juridiquement

Pour toute mise en location :

  • S’assurer de la conformité du mesurage avec les exigences de la loi Boutin
  • Éviter le risque de diminution du loyer en cas d’erreur
  • Professionnaliser la relation locative dès le départ

Dans les cas complexes :

  • Bien avec combles aménagés ou partiellement aménagés
  • Logement avec mezzanine ou duplex
  • Appartement avec véranda ou extension
  • Présence de sous-pentes ou de zones à hauteur variable

Chez EDL Diagnostic, nos diagnostiqueurs certifiés interviennent rapidement sur l’ensemble de nos zones d’intervention (Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, PACA) pour réaliser vos mesurages avec précision et professionnalisme.

5.2 Documents à joindre obligatoirement

Pour une vente (loi Carrez) :

Le mesurage loi Carrez doit être mentionné dans deux documents essentiels :

  • La promesse de vente ou le compromis de vente : La surface privative doit être mentionnée dès ce stade préliminaire. L’absence de cette mention permet à l’acquéreur de demander la nullité de l’acte dans un délai d’un mois.
  • L’acte authentique de vente : La surface loi Carrez doit impérativement figurer dans l’acte définitif signé chez le notaire.

Il est également judicieux de conserver le certificat de mesurage délivré par le diagnostiqueur, qui peut servir de preuve en cas de contestation.

Pour une location (loi Boutin) :

La surface habitable doit être mentionnée dans le contrat de location (bail). Cette mention peut prendre la forme suivante :

« La surface habitable du logement loué, au sens de l’article R.111-2 du Code de la construction et de l’habitation, est de XX m². »

Il est recommandé de joindre également au dossier de location :

5.3 Vérifications clés à effectuer avant le mesurage

Avant de faire réaliser un mesurage professionnel, voici quelques points d’attention essentiels :

Vérifier l’état général du bien :

  • S’assurer que tous les travaux sont terminés
  • Vérifier que les cloisons définitives sont posées
  • Confirmer que les finitions n’impacteront pas la surface mesurable

Identifier les zones à mesurer :

  • Repérer les combles aménagés ou aménageables
  • Identifier les zones dont la hauteur sous plafond est proche de 1,80 m
  • Lister les annexes (caves, greniers, vérandas) et leur statut

Préparer l’accès au logement :

  • Dégager les espaces pour faciliter les mesures
  • S’assurer que toutes les pièces sont accessibles
  • Prévoir un accès aux parties communes si nécessaire

Rassembler les documents utiles :

  • Plans d’origine du logement (si disponibles)
  • Précédents certificats de mesurage (en cas de revente)
  • Descriptif des travaux réalisés (si modification de la configuration)

5.4 Sanctions et risques juridiques en cas d’erreur

Les conséquences d’une erreur de mesurage peuvent être significatives, tant sur le plan financier que juridique :

Pour la loi Carrez (vente) :

SituationSanctionDélai d’action
Absence totale de mention de surfaceNullité de l’acte de vente1 mois après signature acte authentique
Erreur de surface > 5%Réduction proportionnelle du prix1 an après signature acte authentique
Erreur de surface < 5%Aucune sanction légale

Formule de calcul de la réduction :

Prix à rembourser = (Prix de vente × Surface manquante) / Surface annoncée

Pour la loi Boutin (location) :

SituationSanctionDélai d’action
Absence totale de mention de surfaceRisque de diminution de loyer si contestationPendant toute la durée du bail
Erreur de surface > 5%Diminution proportionnelle du loyerPendant toute la durée du bail
Erreur de surface < 5%Aucune sanction automatique

Formule de calcul de la diminution :

Diminution de loyer = (Loyer mensuel × Surface manquante) / Surface annoncée

Attention : Pour la loi Boutin, contrairement à la loi Carrez, le locataire peut agir à tout moment pendant la durée du bail, et non dans un délai limité. De plus, la diminution s’applique rétroactivement depuis le début de la location, ce qui peut représenter des sommes importantes.

Responsabilité du diagnostiqueur :

Lorsqu’un diagnostiqueur certifié réalise le mesurage, sa responsabilité civile professionnelle est engagée en cas d’erreur. C’est pourquoi il est essentiel de choisir un professionnel disposant :

  • D’une certification en cours de validité
  • D’une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée
  • D’une expérience reconnue dans les mesurages immobiliers

Chez EDL Diagnostic, tous nos diagnostiqueurs sont certifiés LCC Qualixpert et disposent des assurances professionnelles requises pour garantir la fiabilité de leurs interventions.

6. FAQ – Questions fréquentes sur la loi Carrez et la loi Boutin

Quelle est la différence entre la surface loi Carrez et la surface habitable loi Boutin ?

La surface loi Carrez correspond à la surface privative d’un bien en copropriété lors d’une vente, tandis que la surface habitable loi Boutin concerne uniquement les locations vides à usage de résidence principale. La principale différence réside dans les surfaces prises en compte : la loi Carrez inclut certaines annexes comme les combles aménagés, les caves aménagées ou les vérandas closes (sous conditions de hauteur), alors que la loi Boutin exclut systématiquement les caves, sous-sols, combles non aménagés, garages, terrasses et balcons. En pratique, pour un même bien, la surface loi Carrez est généralement supérieure à la surface loi Boutin.

Quand dois-je appliquer la loi Carrez ou la loi Boutin ?

Vous devez appliquer la loi Carrez lors de la vente d’un lot de copropriété (appartement, maison en copropriété, local commercial) dont la surface est supérieure ou égale à 8 m². Cette surface doit être mentionnée dans la promesse de vente et l’acte authentique. Vous devez appliquer la loi Boutin lors de la location vide à usage de résidence principale (appartement ou maison). La surface habitable doit être mentionnée dans le contrat de location. À noter qu’une maison individuelle non soumise au régime de la copropriété n’est pas concernée par la loi Carrez pour une vente, mais sera concernée par la loi Boutin si elle est mise en location.

Que se passe-t-il si la surface indiquée est incorrecte ?

Pour la loi Carrez, si l’erreur de surface dépasse 5%, l’acquéreur peut demander une réduction proportionnelle du prix de vente dans un délai d’un an à compter de la signature de l’acte authentique. Si aucune surface n’est mentionnée dans l’acte, l’acquéreur peut demander la nullité de la vente dans un délai d’un mois. Pour la loi Boutin, si l’erreur de surface dépasse 5%, le locataire peut exiger une diminution proportionnelle du loyer, et ce à tout moment pendant la durée du bail. L’absence de mention de surface dans le contrat n’entraîne pas la nullité du bail, mais expose le bailleur au même risque de diminution de loyer.

Est-ce que les caves, garages et vérandas sont pris en compte dans les deux lois ?

Pour la loi Carrez, les caves, garages et vérandas peuvent être inclus dans le calcul s’ils remplissent certaines conditions : ils doivent être des parties privatives closes et couvertes, avec une hauteur sous plafond d’au moins 1,80 m. Ainsi, une cave aménagée de 2 m de hauteur sera comptabilisée, tout comme une véranda close et couverte. En revanche, pour la loi Boutin, ces surfaces sont systématiquement exclues du calcul de la surface habitable, car elles ne constituent pas des pièces à vivre au sens strict. Les vérandas peuvent exceptionnellement être incluses si elles constituent une pièce à vivre chauffée intégrée au logement.

Faut-il faire appel à un diagnostiqueur pour le mesurage loi Carrez ou loi Boutin ?

Bien que la loi n’impose pas obligatoirement de recourir à un diagnostiqueur certifié pour réaliser les mesurages loi Carrez ou loi Boutin, il est fortement recommandé de faire appel à un professionnel. En effet, le diagnostiqueur dispose de l’équipement adapté (laser-mètre professionnel, outils de mesure précis) et de la connaissance approfondie des règles de calcul. De plus, en cas d’erreur, la responsabilité civile professionnelle du diagnostiqueur peut être engagée, ce qui protège le vendeur ou le bailleur. Un propriétaire qui réalise lui-même le mesurage engage sa propre responsabilité en cas d’erreur et devra assumer personnellement les conséquences financières (réduction de prix ou de loyer).

Le mesurage loi Carrez ou loi Boutin a-t-il une durée de validité ?

Non, les mesurages loi Carrez et loi Boutin n’ont pas de durée de validité limitée dans le temps. Ils restent valables tant que la configuration du bien n’a pas été modifiée par des travaux impactant la surface (démolition de cloisons, aménagement de combles, extension, etc.). Toutefois, en cas de rénovation ou de modification de la structure du logement, il est impératif de faire réaliser un nouveau mesurage pour garantir l’exactitude de la surface mentionnée. Pour une revente ou une nouvelle mise en location après travaux, il est donc recommandé de mettre à jour le certificat de mesurage.

Puis-je utiliser le même mesurage pour une vente et une location ?

Non, vous ne pouvez pas utiliser le même mesurage pour une vente (loi Carrez) et une location (loi Boutin), car les méthodes de calcul diffèrent. Comme nous l’avons vu dans les exemples précédents, un même bien peut afficher une surface loi Carrez de 75 m² et seulement 67 m² en surface habitable loi Boutin. Si vous vendez un bien puis le louez (ou inversement), vous devrez faire réaliser deux mesurages distincts, ou demander à votre diagnostiqueur de fournir les deux surfaces dans un même rapport. Attention : mentionner une surface loi Carrez dans un contrat de location alors qu’il faudrait mentionner la surface loi Boutin constitue une erreur qui peut entraîner une diminution du loyer si l’écart dépasse 5%.

Conclusion : Sécurisez vos transactions avec un mesurage professionnel

La loi Carrez et la loi Boutin sont deux dispositifs légaux essentiels qui encadrent respectivement les ventes et locations immobilières en France. Bien que ces deux lois partagent un objectif commun – garantir la transparence et protéger les parties – elles s’appliquent à des contextes différents et utilisent des méthodes de calcul distinctes.

Points clés à retenir :

  • La loi Carrez s’applique aux ventes de lots en copropriété ≥ 8 m² et mesure la surface privative
  • La loi Boutin concerne les locations vides à usage de résidence principale et mesure la surface habitable
  • Les deux lois imposent une hauteur sous plafond minimale de 1,80 m
  • La loi Carrez inclut davantage de surfaces que la loi Boutin (combles, caves, vérandas sous conditions)
  • Une erreur de mesurage > 5% entraîne une réduction du prix (vente) ou du loyer (location)
  • Le recours à un diagnostiqueur certifié est fortement recommandé pour sécuriser la transaction

Chez EDL Diagnostic, nous intervenons dans toute la Bretagne, la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est, l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et PACA pour réaliser vos mesurages loi Carrez et loi Boutin avec précision et professionnalisme. Nos diagnostiqueurs certifiés LCC Qualixpert disposent de plus de 15 ans d’expérience et utilisent des équipements de pointe pour garantir des mesures conformes à la réglementation.

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