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Radon en Bretagne : risques et obligations immobilières

Mesure du radon dans un logement



Article mis à jour le 15 août 2026 (publié le 23 décembre 2025)

Le radon en Bretagne est un sujet important lors d’une vente, d’un achat ou d’une location. Ce gaz radioactif naturel peut s’accumuler dans certains bâtiments, mais le potentiel radon d’une commune ne permet pas, à lui seul, de connaître la concentration présente dans un logement.

Réponse rapide

Dans les communes classées en zone 3, à potentiel radon significatif, le vendeur ou le bailleur doit informer l’acquéreur ou le locataire au moyen de l’état des risques. En revanche, une mesure de la concentration en radon n’est pas systématiquement exigée pour vendre ou louer un logement. Elle reste le seul moyen de connaître l’exposition réelle dans le bien.

Qu’est-ce que le radon ?

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, incolore et inodore. Il provient de la désintégration de l’uranium et du radium présents dans les sols et les roches. À l’extérieur, il se dilue rapidement. Dans un espace fermé, il peut entrer par les fissures, les passages de canalisations, les joints, les caves ou les vides sanitaires, puis s’accumuler lorsque le renouvellement de l’air est insuffisant.

Une exposition durable augmente le risque de cancer du poumon. Les autorités sanitaires estiment que le radon constitue la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac en France. L’association du tabagisme et du radon augmente fortement le risque. Pour approfondir le contexte sanitaire régional, consultez notre article sur les cancers du poumon dans le Finistère.

Pourquoi la Bretagne est-elle particulièrement concernée ?

Le sous-sol breton comporte de nombreuses formations granitiques et métamorphiques susceptibles de contenir davantage d’uranium naturel. Cela explique la présence de nombreuses communes à potentiel radon significatif. La situation n’est toutefois pas identique dans toute la région : le classement réglementaire se vérifie commune par commune.

Il est donc imprécis d’affirmer que toute la Bretagne présente le même niveau de risque. Certaines communes sont classées en zone 1 ou 2, tandis que d’autres relèvent de la zone 3. La carte officielle de Géorisques permet de consulter le potentiel réglementaire d’une commune.

Le classement géologique n’est pas une mesure dans la maison. Deux logements voisins peuvent présenter des concentrations très différentes selon leurs fondations, leur étanchéité, leur ventilation, leur contact avec le sol et les habitudes d’aération des occupants.

Potentiel radon : comprendre les zones 1, 2 et 3

Zone 1 : potentiel faible

La commune se situe principalement sur des formations géologiques dont les teneurs en uranium sont estimées faibles. Une concentration élevée dans un bâtiment reste possible, notamment en présence de matériaux ou de caractéristiques constructives particulières.

Zone 2 : potentiel faible avec facteurs géologiques particuliers

Des failles, des ouvrages miniers, des formations volcaniques ou d’autres particularités peuvent faciliter localement le transfert du radon depuis le sol vers les bâtiments.

Zone 3 : potentiel radon significatif

La commune présente, sur au moins une partie de son territoire, des formations géologiques dont la teneur estimée en uranium est plus élevée. C’est dans cette catégorie que l’information des acquéreurs et des locataires est obligatoire.

Radon, vente et location : quelles sont les obligations ?

Pour un bien situé dans une commune classée en zone 3, le vendeur ou le bailleur doit informer le futur acquéreur ou locataire de l’existence du risque radon. Cette information figure dans l’état des risques, couramment appelé ERP, intégré au dossier de diagnostic technique.

L’état des risques doit être présenté dès la première visite lorsque celle-ci a lieu, puis annexé à la promesse de vente, à l’acte authentique ou au bail selon la transaction. L’annonce immobilière doit également comporter la mention réglementaire renvoyant vers le site Géorisques.

Information obligatoire ne signifie pas mesurage obligatoire

Pour une habitation privée, la réglementation impose l’information sur le potentiel de la commune en zone 3. Elle n’impose pas systématiquement un dosimètre ou un « diagnostic radon » avant chaque vente ou location. Une mesure peut néanmoins être pertinente pour rassurer les parties, mieux connaître le bâtiment ou préparer des travaux.

EDL Diagnostic peut vous accompagner pour établir un état des risques et pollutions cohérent avec l’adresse du bien et la situation de la commune. Pour une approche spécifique au département, consultez également notre guide sur le gaz radon dans le Finistère.

Que vérifier avant d’acheter une maison en Bretagne ?

L’acquéreur doit d’abord consulter l’état des risques et vérifier la catégorie de potentiel radon de la commune. Il peut ensuite observer les caractéristiques du bâtiment qui favorisent éventuellement l’entrée ou l’accumulation du gaz : cave en terre battue, fissures dans la dalle, passages de réseaux non étanches, ventilation absente ou défaillante, pièces de vie en contact direct avec le sol.

Une rénovation énergétique mérite une vigilance particulière. Améliorer l’étanchéité d’un logement sans maintenir un renouvellement d’air adapté peut dégrader la qualité de l’air intérieur. Le traitement du radon et la performance énergétique doivent donc être pensés ensemble.

Dans l’habitat breton ancien, le radon n’est qu’un des sujets à examiner. Notre guide consacré au trio humidité, mérule et radon avant un achat en Bretagne aide à structurer cette vérification.

Comment mesurer le radon dans un logement ?

Seul un mesurage permet de connaître la concentration réelle en radon. Pour une première évaluation domestique, on utilise généralement un dosimètre passif placé dans les pièces de vie les plus basses du logement. Géorisques recommande une mesure pendant au moins deux mois, durant la période de chauffe, entre la mi-septembre et la fin avril.

Le détecteur doit être installé conformément aux instructions du fournisseur, à l’écart des fenêtres, des sources de chaleur et des zones de passage. Après la période d’exposition, il est envoyé au laboratoire indiqué pour analyse. Le résultat est exprimé en becquerels par mètre cube, notés Bq/m³.

Une mesure ponctuelle ou réalisée dans de mauvaises conditions peut donner une vision incomplète. La concentration varie avec la saison, la météo, la ventilation et l’occupation du logement.

Que faire lorsque la concentration dépasse 300 Bq/m³ ?

Le Code de la santé publique fixe un niveau de référence de 300 Bq/m³ en moyenne annuelle dans les immeubles bâtis. Il ne s’agit pas d’un seuil séparant une absence totale de risque d’une situation dangereuse, mais d’un niveau au-dessus duquel des actions de réduction sont recommandées.

Les premières mesures consistent généralement à aérer régulièrement, vérifier le fonctionnement de la ventilation et ne pas obturer les entrées d’air. Il peut ensuite être nécessaire d’améliorer l’étanchéité entre le sol et le bâtiment, de traiter les fissures ou les passages de réseaux, de ventiler le vide sanitaire ou la cave, ou de mettre le soubassement en légère dépression.

Lorsque le niveau reste supérieur à 300 Bq/m³ après les premières actions, ou lorsqu’il atteint des valeurs très élevées, un diagnostic du bâtiment par un professionnel compétent permet de définir des travaux adaptés. Les recommandations actualisées sont disponibles auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection.

Cas particuliers des lieux de travail et établissements recevant du public

Les règles applicables aux lieux de travail et à certaines catégories d’établissements recevant du public sont différentes de celles d’une habitation privée. Elles peuvent prévoir une évaluation spécifique, des mesurages et des actions correctives selon la zone et l’usage du bâtiment. Les employeurs peuvent consulter notre dossier sur les obligations liées au radon dans le milieu professionnel.

Questions fréquentes sur le radon en Bretagne

Le radon empêche-t-il de vendre un logement ?

Non. Le classement de la commune ou une concentration mesurée ne bloque pas automatiquement la vente. Le vendeur doit respecter son obligation d’information et transmettre un état des risques conforme lorsque le bien est concerné.

Un diagnostic radon est-il obligatoire pour vendre ?

Une mesure de la concentration n’est pas systématiquement obligatoire pour la vente d’un logement. Dans une commune de zone 3, l’information sur le potentiel radon doit en revanche figurer dans l’état des risques.

Toute la Bretagne est-elle classée en zone 3 ?

Non. De nombreuses communes bretonnes sont classées en zone 3, mais le classement doit être vérifié commune par commune sur la cartographie officielle.

Une maison située en zone 1 est-elle forcément sans radon ?

Non. Le zonage décrit un potentiel géologique à l’échelle communale. Il ne garantit pas la concentration à l’intérieur d’un bâtiment.

Quelle valeur faut-il retenir ?

Le niveau de référence réglementaire est de 300 Bq/m³ en moyenne annuelle. La réduction de l’exposition reste bénéfique même en dessous de cette valeur.

Combien de temps faut-il laisser un dosimètre ?

Pour une mesure représentative dans un logement, une durée minimale de deux mois pendant la période de chauffe est recommandée.

Besoin d’un état des risques pour une vente ou une location ?

Transmettez l’adresse du bien et les informations concernant votre projet. EDL Diagnostic vérifiera les risques réglementaires applicables, dont le potentiel radon lorsque la commune est classée en zone 3.

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Sources officielles