Diagnostic maison : la liste des diagnostics obligatoires

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Vendre ou louer une maison n’engage pas exactement les mêmes obligations qu’un appartement. Le diagnostic maison mobilise presque toujours davantage de prestations : la surface est plus grande, le bâti souvent plus ancien, et certains contrôles ne concernent que l’habitat individuel, à commencer par l’assainissement non collectif et l’audit énergétique. À l’inverse, la loi Carrez, réflexe de tout vendeur d’appartement, ne s’applique pas à une maison individuelle située hors copropriété.

Résultat : beaucoup de propriétaires découvrent tardivement qu’il manque une pièce à leur dossier de diagnostic technique, parfois quelques jours avant le rendez-vous chez le notaire. Or certains documents, comme le contrôle d’assainissement, ne s’obtiennent pas du jour au lendemain.

Cette page fait le point sur les diagnostics obligatoires pour une maison : lesquels s’appliquent et à quelles conditions, combien de temps ils restent valables, ce qui change entre une vente et une location, ce que coûte un pack de diagnostics immobiliers pour une maison et combien de temps dure l’intervention. Un tableau récapitulatif, une comparaison point par point avec l’appartement et une foire aux questions complètent l’ensemble.

Quels diagnostics sont obligatoires pour une maison ?

Il n’existe pas de liste unique valable pour toutes les maisons. Le dossier de diagnostic technique se construit à partir de trois critères : l’année de construction du bien, l’âge et la nature de ses installations, et la localisation de la commune. Une bâtisse des années 1930 raccordée à une fosse toutes eaux, dans une commune couverte par un arrêté termites, ne mobilise pas les mêmes prestations qu’une construction récente en lotissement reliée au réseau public. Le tableau ci-dessous récapitule les diagnostics susceptibles de s’appliquer, la condition qui les déclenche et leur durée de validité.

DiagnosticQuand il s’appliqueDurée de validité
DPETout logement, sauf les bâtiments de moins de 50 m² de surface de plancher qui en sont dispensés10 ans
État des risques et pollutions (ERP)Selon la commune et les zones de risques concernées6 mois
AmiantePermis de construire délivré avant le 1er juillet 1997Illimitée en l’absence d’amiante
Plomb (CREP)Logement construit avant 19491 an en cas de présence de plomb, illimitée sinon (vente)
ÉlectricitéInstallation intérieure de plus de 15 ans3 ans (vente), 6 ans (location)
GazInstallation intérieure de plus de 15 ans3 ans (vente), 6 ans (location)
TermitesCommune couverte par un arrêté préfectoral6 mois
Assainissement non collectifMaison non raccordée au réseau public3 ans
Audit énergétiqueMaison individuelle classée E, F ou G5 ans
Bruit (PEB)Bien situé dans un plan d’exposition au bruit d’aéroportPas de durée fixée, information à jour

Aucune maison ne cumule la totalité de ces prestations. En pratique, une maison ancienne mise en vente en réunit fréquemment six à huit, une construction récente trois ou quatre. Déterminer la liste exacte avant l’intervention fait partie du travail du diagnostiqueur : cela évite aussi bien de payer une prestation inutile que de se présenter chez le notaire avec un dossier incomplet.

Deux points méritent une attention particulière du côté des durées. La validité de six mois de l’état des risques et pollutions et du diagnostic termites est courte : si la vente s’étire sur plusieurs mois, ces documents doivent être renouvelés avant la signature de l’acte authentique. À l’opposé, un repérage amiante ne révélant aucun matériau amianté n’a pas à être refait, tout comme un constat de risque d’exposition au plomb négatif dans le cadre d’une vente. Le DPE, lui, court sur dix ans et couvre donc largement la durée d’une transaction.

Ce qui change par rapport à un appartement

Les différences entre le diagnostic d’une maison et celui d’un appartement ne tiennent pas seulement au nombre de mètres carrés. Quatre écarts structurent le dossier et expliquent l’essentiel des surprises rencontrées par les vendeurs.

L’assainissement non collectif, le diagnostic qu’on oublie

Une maison qui n’est pas raccordée au réseau public d’assainissement dispose de son propre dispositif de traitement des eaux usées : fosse toutes eaux, micro-station, filtre à sable. Le vendeur doit alors joindre au dossier le contrôle réalisé par le SPANC, le service public d’assainissement non collectif de sa commune ou de son intercommunalité. Ce contrôle est valable trois ans.

S’il conclut à une non-conformité de l’installation, les travaux de mise en conformité sont à la charge de l’acquéreur, qui dispose d’un an après la signature pour les faire réaliser. C’est un point de négociation classique : le coût d’une réhabilitation complète pèse lourd dans la discussion sur le prix, et mieux vaut le connaître avant les visites qu’au moment du compromis. Comme la demande auprès du SPANC dépend du calendrier du service, elle gagne à être lancée dès la décision de vendre.

Pas de loi Carrez pour une maison individuelle

Le mesurage loi Carrez est un automatisme chez les vendeurs d’appartement. Il ne concerne pourtant que les lots de copropriété : une maison individuelle qui ne fait pas partie d’une copropriété n’y est pas soumise. La nuance a son importance, car certaines maisons appartiennent bel et bien à une copropriété horizontale ; dans ce cas, la règle s’applique comme pour n’importe quel lot.

Pour la location, la logique est différente : le calcul de la surface habitable au sens de la loi Boutin est obligatoire pour un bail de location vide, maison comprise. Beaucoup de propriétaires confondent les deux mesurages alors qu’ils ne répondent ni à la même définition ni au même usage.

L’audit énergétique concerne d’abord les maisons

L’audit énergétique est obligatoire pour la vente d’une maison individuelle classée E, F ou G. Il ne remplace pas le DPE : les deux documents coexistent dans le dossier. Là où le DPE dresse un constat et attribue une étiquette, l’audit propose un parcours de travaux chiffré, c’est-à-dire des scénarios de rénovation présentés par étapes, avec l’estimation des gains d’étiquette et des coûts associés. Sa validité est de cinq ans.

Les logements individuels anciens et faiblement isolés étant surreprésentés parmi les étiquettes E, F et G, cette obligation se rencontre surtout sur l’habitat individuel. Si vous préparez une vente, la première chose à vérifier est donc l’étiquette de votre DPE de maison : elle détermine à elle seule la nécessité de l’audit.

Plus de surfaces déperditives à contrôler

Une maison de 100 m² et un appartement de 100 m² ne demandent pas le même travail. L’appartement est encastré dans un immeuble : ses murs mitoyens, son plancher bas et souvent son plafond ne donnent pas sur l’extérieur. La maison, elle, expose quatre façades, une toiture, des combles, parfois un sous-sol, un vide sanitaire et un terrain.

Le diagnostiqueur doit relever les caractéristiques de chacune de ces parois, mesurer les épaisseurs d’isolant lorsqu’elles sont accessibles, monter dans les combles, descendre au sous-sol, inspecter le tableau électrique et les canalisations de gaz, parfois parcourir le terrain pour localiser le dispositif d’assainissement. Mécaniquement, la visite est plus longue et le rapport plus fourni que pour un appartement de surface équivalente.

Diagnostic maison en location : ce qui diffère

Le dossier remis au locataire est nettement plus court que celui d’une vente. Il comprend le DPE, l’état des risques et pollutions, le constat de risque d’exposition au plomb si la maison a été construite avant 1949, le diagnostic électricité et le diagnostic gaz lorsque les installations intérieures ont plus de quinze ans, ainsi que la surface habitable. Ni l’assainissement non collectif ni l’audit énergétique n’y figurent : ce sont des obligations attachées à la vente.

Les durées de validité changent également. En location, les états des installations intérieures d’électricité et de gaz sont valables six ans, contre trois ans en vente. Un propriétaire qui enchaîne les baux sur plusieurs années y trouve un vrai confort de gestion. Le DPE, lui, conserve sa validité de dix ans quelle que soit l’opération, ce qui en fait le document pivot du dossier locatif comme du dossier de vente.

Combien coûte un diagnostic pour une maison ?

Le prix d’un diagnostic maison dépend de trois variables : la surface à parcourir, le nombre de prestations réellement applicables et la présence ou non d’un assainissement individuel. Voici les ordres de grandeur que nous pratiquons.

PrestationTarif indicatif
DPE seulà partir de 100 €
Pack vente maison400 € à 600 €
Pack location150 € à 300 €

Une maison revient systématiquement plus cher qu’un appartement comparable, et l’écart n’a rien d’arbitraire. Il tient d’abord à la surface : plus de pièces à visiter, plus de parois à relever, plus de points de mesure. Il tient ensuite au nombre de diagnostics applicables, puisque l’audit énergétique et le contrôle d’assainissement viennent s’ajouter à un socle déjà plus large. Il tient enfin au bâti lui-même : les maisons anciennes cumulent souvent amiante, plomb, installations électriques d’origine et gaz, là où un appartement récent n’en déclenche aucun.

Ces montants restent modestes rapportés au prix d’une transaction, et ils sécurisent le vendeur bien au-delà de la signature. Le détail poste par poste est présenté dans notre guide complet des tarifs des diagnostics immobiliers. Un conseil de bon sens : un devis nettement décroché du marché traduit souvent une visite expédiée, et un rapport contestable n’a aucune valeur protectrice.

Combien de temps dure l’intervention ?

Comptez en général une demi-journée pour une maison. La durée réelle varie avec la surface, le nombre de diagnostics à réaliser et l’accessibilité des zones à contrôler : des combles aménagés se visitent plus vite qu’un grenier encombré, et un tableau électrique dégagé fait gagner un temps précieux.

Vous pouvez faciliter l’intervention en préparant quelques éléments avant la visite : dégager l’accès aux combles, au sous-sol et au compteur, réunir les documents disponibles sur le bien et localiser le dispositif d’assainissement s’il en existe un. Le rapport est ensuite transmis rapidement, de façon à ne pas retarder la mise en ligne de l’annonce ni la préparation du compromis.

Faire réaliser les diagnostics de votre maison

La bonne méthode consiste à regrouper l’ensemble des prestations en une seule visite plutôt que de les commander au fil des demandes de l’agence ou du notaire. Vous évitez les déplacements multiples, vous obtenez un dossier homogène et vous maîtrisez les dates de validité, ce qui compte particulièrement pour l’état des risques et pollutions et le diagnostic termites.

Un point mérite d’être vérifié avant de confier son bien à un professionnel : la certification. Un diagnostiqueur immobilier certifié l’est domaine par domaine, par un organisme accrédité par le COFRAC. Il existe six domaines de certification, et chaque certificat est valable sept ans. Un technicien peut donc être parfaitement habilité pour le DPE sans l’être pour l’amiante : demandez les certificats correspondant aux prestations dont vous avez besoin, et vérifiez leur date de validité.

Pour connaître précisément les diagnostics applicables à votre bien et le budget correspondant, demandez un devis personnalisé pour vos diagnostics immobiliers. Indiquez l’année de construction, la surface, la commune, le type d’assainissement et la nature de l’opération : vente ou location. Le formulaire ci-dessous permet également de nous transmettre votre demande en quelques minutes.

Questions fréquentes sur le diagnostic maison

Quels diagnostics pour vendre une maison ancienne ?

Une maison ancienne cumule le plus grand nombre de prestations : DPE, état des risques et pollutions, repérage amiante si le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, constat de risque d’exposition au plomb si la construction est antérieure à 1949, états des installations d’électricité et de gaz dès qu’elles ont plus de quinze ans, termites si la commune est couverte par un arrêté préfectoral. S’y ajoutent le contrôle d’assainissement en l’absence de raccordement au réseau public et l’audit énergétique si le bien est classé E, F ou G. Six à huit diagnostics sont donc courants sur ce type de maison.

Combien coûtent les diagnostics d’une maison de 100 m² ?

Un pack de vente pour une maison se situe généralement entre 400 € et 600 €, selon le nombre de prestations réellement applicables. Une maison de 100 m² construite avant 1949 et non raccordée au tout-à-l’égout se place plutôt dans le haut de cette fourchette, tandis qu’une construction récente reste nettement en dessous. Un DPE seul démarre pour sa part à partir de 100 €.

Le diagnostic assainissement est-il obligatoire ?

Il l’est pour toute maison qui n’est pas raccordée au réseau public d’assainissement. Le contrôle est réalisé par le SPANC de la commune ou de l’intercommunalité et sa validité est de trois ans. Si l’installation est jugée non conforme, les travaux de mise en conformité incombent à l’acquéreur, qui dispose d’un an après la signature pour les faire réaliser.

Faut-il un audit énergétique pour vendre ma maison ?

L’audit énergétique est obligatoire pour la vente d’une maison individuelle classée E, F ou G. C’est donc l’étiquette du DPE qui déclenche l’obligation, et il faut la connaître avant de mettre le bien sur le marché. L’audit ne remplace pas le DPE : il le complète en proposant un parcours de travaux chiffré, et sa validité est de cinq ans.

La loi Carrez s’applique-t-elle à une maison ?

Non, pas pour une maison individuelle hors copropriété : le mesurage loi Carrez ne concerne que les lots de copropriété. La règle change si la maison fait partie d’une copropriété horizontale, cas dans lequel le mesurage redevient exigible. Pour une location vide, c’est en revanche la surface habitable au sens de la loi Boutin qui doit figurer au bail.

Combien de temps sont valables les diagnostics d’une maison ?

Les durées varient fortement d’un diagnostic à l’autre. Le DPE est valable dix ans, l’audit énergétique cinq ans, l’assainissement non collectif trois ans, les états des installations d’électricité et de gaz trois ans en vente et six ans en location. L’état des risques et pollutions ainsi que le diagnostic termites ne tiennent que six mois, ce qui impose souvent de les renouveler lorsque la vente s’étire.

Qui paie les diagnostics, le vendeur ou l’acheteur ?

C’est le vendeur qui commande et règle les diagnostics de sa maison, car il lui revient de remettre un dossier de diagnostic technique complet à l’acquéreur. La même logique s’applique en location, où le bailleur assume le coût des diagnostics annexés au bail. L’acheteur n’a rien à avancer à ce titre.

Que se passe-t-il si un diagnostic manque à la signature ?

Un dossier incomplet bloque en pratique la signature : le notaire réclame les pièces manquantes avant d’établir l’acte, ce qui décale le calendrier de la vente. Au-delà du retard, l’absence d’un diagnostic prive le vendeur de la protection qu’il apporte en cas de litige ultérieur sur l’état du bien. Mieux vaut donc faire réaliser l’ensemble des diagnostics dès la mise en vente, quitte à renouveler ensuite les documents dont la validité est courte.